« Si c’est un juif faites ce que vous voulez » Klaus Barbie à des SS essayant de soutirer des informations à un résistant présumé, à l’hôtel Terminus.
le 9 février 1943
30 personnes sont arrêtées par la Gestapo de Klaus Barbie, qui supervise personnellement la rafle dans les locaux de l’UGIF ( Union Générale des Israélites de France), la Gestapo traque pendant les quelques heures qui suivent la rafle, tous les employés du bureau, au total 86 personnes, presque tous juifs et munis de faux papiers, sont déportés à Drancy suite à ce coup de filet. Selon les renseignements allemands qui ont mené à la rafle, le comité de la rue Sainte Catherine aurait aidé des juifs à passer illégalement la frontière franco-suisse, ils étaient financés par l’association américaine des Quakers( AFSC), par des juifs de France et de Genève.Joseph Fischer et David Donoff étaient des membres actifs de ce réseau de sauvetage.
Dans les documents de rapports allemands relatifs à cette rafle il est stipulé que parmi les « hommes dans l’ombre du comité» ont été trouvés le Cardinal Gerlier et l’abbé Glasberg, ce dernier en fuite au moment de la rafle. Les hommes et femmes arrêtés étaient en possession d’argent, de devises étrangères et de diamants « qui ont été mis en sûreté.. ». Durant la rafle un homme a « légèrement été blessé par balle. » Ils sont tous transférés dans un premier temps à la maison d’arrêt de la Wehrmacht à Chalon-sur-Saône, mais la prison étant déjà pleine ils sont acheminés vers un autre camp, ils sont« casés dans deux pièces du Fort Lamothe. ». Transférés le 12 février deux d’entre eux ayant réussi à s’évader le matin même. Le groupe arrive gare de Bercy après plus de 12 heures de train, ils sont dirigés vers le camp de Drancy. Après l’étude des documents, Serge Klarsfeld tire la conclusion que la responsabilité de cette rafle incombe uniquement à la Gestapo de Lyon, sans qu’aucune directive n’ait été donnée à ce sujet à leur chef, Klaus Barbie. On trouve d’ailleurs sa signature sur deux rapports relatant la rafle datés du 11 février.
Si, lors de son procès Barbie conteste l’authenticité de ces télex,( la source est le CDJC) tout comme il le fait au sujet de la rafle des enfants d’Izieu, Klarsfeld réfute cela en usant du même argument que Barbie. Parce que justement ces documents proviennent du CDJC, qui détient les archives du service des affaires juives de la Gestapo de Lyon, ils ne peuvent être contestés. De plus Klarsfeld ajoute qu’aucun des nazis jugés en Allemagne, n’a contesté les documents fournit comme preuve par le CDJC.
De plus la description des évènements du 9 février implique directement Barbie, il aurait bien plus que supervisé mais bien participé à la rafle. Il aurait personnellement interrogé sur place des juifs qui se rendaient à l’UGIF, l’un d’entre eux (Michel Kroskof-Thomas) en arrivant après la Gestapo dans les locaux, a réussi à feindre de ne pas parler allemand et d’être arrivé là par erreur, feignant qu’il était artiste peintre et qu’il avait rendez-vous, qu’il s’était simplement trompé de bureau. Après une heure d’entretien avec Barbie, devant une centaine de personnes arrêtées ce jour là, (selon le témoignage de Michel Kroskof) il a été relâché par Barbie, convaincu par son histoire et ses faux papier ; il put alors se rendre dans les cafés que fréquentaient les réfugiés pour les prévenir et organiser la surveillance des locaux pour éviter à toute autre personne de tomber dans le piège de la Gestapo. Mais tout au long de la journée la souricière de la rue Sainte Catherine va retenir plus d’une centaine de personnes, divers témoignages confirment cela, et malgré les efforts de ceux qui ont réussi à être rapidement libéré, pour prévenir la communauté juive Lyonnaise, Victor Szulklafer envoie un télégramme codé au consistoire de Nice pour les prévenir il dit que « Mr Shorban (malheur en Hébreu) est arrivé à Lyon, prévenez les gens. » Jacqueline Rozenfarb, 14 ans au moment des faits réussit à convaincre Barbie qu’elle n’est pas juive mais Française ; comme tous ceux qui ont été libérés par « le patron » ce jour là, elle repartit des locaux de l’UGIF sans ses papiers, qu’elle devait aller récupérer à l’hôtel Terminus à Perrache le lendemain matin. Après s’être rendue chez les parents d’une autre jeune femme présente rue Sainte Catherine, où elle rencontre le Grand Rabbin Kaplan, atterré par la nouvelle. Jacqueline aura la présence d’esprit de ne pas se rendre à l’hôtel récupérer ses papiers, le soir même elle quitte avec sa mère son domicile et changera constamment d’adresse. Lea Katz, une autre rescapée de la rafle explique qu’elle s’était rendue aux locaux de l’UGIF, car la veille lors d’un contrôle d’identité elle entendit dire qu’une rafle allait avoir lieu à la Synagogue, quai Tilsitt le samedi suivant ; elle alla donc voir le Grand Rabbin pour le prévenir, mais ce dernier lui conseilla d’aller prévenir le rabbin qui serait de service le lendemain ; le Rabbin Schoenberg était supposé se trouver au locaux de L’UGIF, elle s’y rendit le lendemain.
Liste des personnes arrêtées le 9 février 1943
Berthe Akierman Bronia Andermann Israel Bach Simon Badinter Leizer Bleiberg Emmanuel Bloch Isidore Bollack Julius Brender Wolf Brull Chuma Czerwonogora André Deutsch Sigmund Dickmann Noel Domnicz Gisèle Dornhelm née Flesch Emmanuel Edelmann Albert Engel Israel Epelbaum Jacob Esskreis Jacob Ettlinger Salomon Feldhandler Pierre Freidenberg Erna Freund Icek Frydmann Georg Fuchs Osias Fuhrer Walter Fuhrer Régine Gattegno Kalman Gelber Joseph Goldberg Michel Gorodistan Aurélie Gottlieb Heinrich Grad Esther Grinberg Paul (Benno) Guerin (Breslerman) Franz Hirschler Isaac Horowicz Gilberte Jacob Ryfka Jelem Samuel Kohn Salomon Kruman Ruchla Landau Pierre Lanzenberg Anna Lanzet Malvine Lanzet Annie Lederer Hans Lichtenstein Sidonie Lichtenstein Marcelle Loeb Ephraim Loebel Michael Max Gerson Merker Norbert Muntzer Chaim Peretz Jacques Peskind Laja Rappaport Clara Reckendorfer Jean Rein Kurt Reis Alexandre Reznik Feiwel Ring Marcus Rokotnitz Herta Rosenbach Abraham Rosenberg Zeli Rosenfeld Irma Rosenthal Henri Rosencweig Menachem Safran Madeleine Schick Bernard Schneebalg Simha Schkira Joseph Soudakoff Betty Steigmann Armand Steinberg Jules Steinmuller Joseph Sztark Rachmill Szulklaper Benno Taubmann Feiwel Taubmann Sally Taubmann Victor Tlagarz Juliette Weill Hermann Weinstock Maier Weismann Elias Wolf